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Pour conclure.

Il est des peintres qui s’accrochent à une formule, ou abstraite ou figurative, jusqu’à l’épuiser et jusqu’à perdre toute nécessité en l’exploitant sans vergogne. On les reconnaît au premier regard et on finit par les abandonner tant l’ennui vous gagne vite. Il est, en revanche des peintres qui courent derrière l’avant-garde comme derrière le train: paf ! Ils le manquent et se casse le pinceau. Rares, très rares sont ceux, qui comme Georges Collignon, franchissent les étapes indispensables, profondes, conformes à leur tempérament de chercheur,  toujours insatisfaits et toujours capables de découvrir à leur art un nouvel éblouissement.
Alain Bosquet, 1988

Collignon est un fabuleux imagier. Paradoxal pour quelqu’un qui autour des années 50-60, s’est fait connaître comme l’un de nos plus grands abstraits.
Pas du tout. Car les toiles abstraites de Collignon étaient déjà de somptueuses images des partitions vibrantes où s’orchestrait l’harmonie entre composition et couleurs. Depuis, Collignon est revenu à la figuration refaisant par étapes et en sens inverse un chemin peu fréquenté. Il y a retrouvé des ancêtres prestigieux que ce soient les sublimes Italiens du Quattrocento, Pisanello ou Uccello, les post-impressionnistes comme Bonnard ou les symbolistes viennois comme Klimt.
Mais que pèsent ces références trop doctes? Collignon fait du Collignon. Unique, reconnaissable, souverainement maîtrisé, avec juste ce qu’il faut d’humour et d’ironie pour titiller le regard du spectateur. Collignon cache sous sa rondeur bonhomme un côté "anar" qui dégoupille le réel. Attention! Ce peintre au faîte de son talent qui ne se prend jamais tout à fait au sérieux, peaufine en artisan méticuleux une oeuvre presque constamment jubilatoire: ça peut faire sourire (est-ce convenable?), ça peut donner envie de revenir(est-ce raisonna­ble?), ça peut même rendre heureux (allons, restons calmes!) ... A une époque où tant de "peintres" se croient obligés de nous imposer leurs angoisses existentielles, leurs pauvretés techniques, Collignon parie pour la vitalité, l’exubérance même, et le goût du métier impeccable.

Il est, décidément, hors normes. Et c’est très bien ainsi...
                                                                                                                
Georges Collignon est décédé à Liège le 5 février 2002, à 78 ans.
W. Lesur, 2005  Critique d’art, journaliste.

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