En 1948, Collignon arrive à la non-figuration après une visite à la
Biennale de Venise où il découvre Paul Klee: celui-ci lui montre les possibilités presque illimitées de la peinture abstraite. Cofondateur du groupe REALITE-COBRA avec Bury, Franck, Léonard, Plomteux et Silvin. C’est la première tentative d’association pour défendre et promouvoir l’art abstrait. COBRA s’était formé le 8 novembre 48. Copenhague-Bruxelles-Amsterdam: des artistes issus de ces 3 villes (Jorn, Dotremont, Appel, etc.) d écident de créer un front commun des artistes expérimentaux. A Liège ils s’associent avec le groupe REALITE. "L’art non-figuratif non objectif est éminemment humaniste parce qu’il représente un nouvel état de conscience une nouvelle manière d’être qui représente enfin le réalisme non objectif. "
(A.Herbin)
En 1950, Collignon partage avec Alechinsky et Dubosc le prix Jeune Peinture Belge décerné pour la première fois.
On ne soulignera jamais assez le rôle de découvreur et de mécène que joua dans ces années-là l’APIAW, l’Association pour le progrès intellectuel et artistique en Wallonie sous l’impulsion du baron Fernand Graindorge, notamment en montrant régulièrement à ses cimaises de l’Emulation, à Liège, les plus novateurs des peintres français. A partir de 1951, Collignon s’installe à Paris. Il rentrera à Liège en 1969.
En 1952, 11 est co-fondateur du groupe ART ABSTRAIT avec Bury, Carrey, Delahaut, Milo, Plomteux, Saverys, auxquels s’adjoindront Burssens et Hauror. Le groupe est né de la rencontre fortuite mais inévitable de quelques amis artistes qui, à la suite d’expériences personnelles et parallèles s’étaient profondément engagés dans les voies de l’abstraction pour y avoir trouvé des principes et un domaine convenant à leur expression plastique.
Entre 1954 et 1958, les oeuvres de Collignon alternent leur maximum de lyrisme. De longues diagonales colorées traversent la toile en se croisant, se recoupant. Cette période de la création abstraite de l’artiste est une des plus belles et des plus personnelles.
J.Hendrickx
En 1957, Georges Collignon épouse en secondes noces Christiane Mambour, fille du célèbre peintre liégeois (1896-1968) dont il fut l’élève à l’Académie.
Poursuivant sa route vers plus de lyrisme et d’expression, Collignon s’affirme chaque année davantage comme l’un des plus importants peintres belges de la jeune génération. Ses abstractions chaudes masquent une construction rigoureuse sous une apparente désinvolture, mais sa facture a des vibrations imprévues qui confèrent à ses oeuvres une richesse moule et les rend pareilles à des émaux.
L.Koenig, 1957
En cette époque d’anarchie plastique qui incite l’artiste à se ruer d’expérience en expérience, comme un chercheur d’or, en cette époque à la fois si féconde et si folle que les innovations les plus audacieuses ont un air de déjà vu, Collignon est un personnage inattendu parce qu’il peint comme un être civilisé et parce qu’il vise à une certaine perfection dans l’exercice de son métier (...)
Sans aucun doute, il a contracté une dette à l’égard de la peinture française, envers Bazaine et envers Bonnard qu’il nomme avec respect. Ce Wallon têtu voudrait avoir dans son jeu toutes les cartes.
C.Legrand, 1960